La politique sert-elle encore à quelque chose aujourd'hui ?

Publié le par Nadine REYDET

La politique sert-elle encore à quelque chose aujourd'hui ?

« Tous pourris ! … On n’est pas d’accord ! »

Les membres des mouvements d’action catholique du secteur d’Albertville, ont osé proposer cette réflexion dans cette période troublée où la campagne électorale en cours ne nous donne pas beaucoup d’espoir ! 110 personnes avaient fait le choix d’assister à cette soirée, qui s’est déroulée à la salle polyvalente de Tours-en-Savoie.

Messieurs Louis BESSON et Michel BOUVARD, deux hommes politiques bien connus dans notre département ont témoigné de leur engagement respectif. Un troisième intervenant, Monsieur François BOURSIER, historien, enseignant à la faculté catholique de Lyon, devait compléter cette soirée avec une approche historique et sociologique de l’évolution de la sphère politique. Retenu malheureusement par le décès d’un proche, il n’a pas pu être là.

Chacun des intervenants a tout d’abord témoigné de ce qui l’a amené à l’engagement « dans la cité ». Avec humour, Louis Besson nous a partagé ce que lui avait dit son père -marqué par la douloureuse ‘grande guerre ‘ avec le « Chemin des dames »- tout au long de sa jeunesse : « En politique, il ne faut jamais y mettre les pieds ; on ne peut que s’y salir les mains »… A l’opposé, l’engagement politique local est une chose « normale » dans la famille de Michel Bouvard.

Difficile de résumer un débat de plus de 2 heures ! Néanmoins voici quelques idées fortes exprimées par les deux protagonistes de cette soirée.

Aucune société ne peut s’organiser sans hommes et femmes engagés pour construire. »Etre homme, c’est être responsable de la construction du monde » citation d’Antoine de Saint Exupéry, donnée par M. Bouvard. Sans engagement de citoyens divers, ce serait une petite minorité qui dirigerait. Et pourtant, l’engagement politique implique ténacité, conviction et courage… Ne jamais relâcher la pression ! Louis Besson nous rappelait la loi S.R.U qui a nécessité plus de 45 ans de travail avant d’être votée ; elle a permis depuis 2001 la construction de 600 000 logements sociaux.

L’engagement politique nécessite un certain bagage : il est indispensable de « connaître plus que ce qui nous concerne nous-mêmes ». Le rôle des élus n’est pas nécessairement de suivre le sentiment majoritaire ; les choix faits nécessitent profondeur, prise de recul. Il ne faut pas obéir à l’impulsion immédiate.

A propos du cumul des mandats : il permet la connaissance du milieu local. La culture française – barrage trop fort du Conseil d’Etat, organisation lourde des pouvoirs centraux bien ancrée- ne facilitera pas l’application de la nouvelle loi du non-cumul…

Les deux édiles savoyards nous ont aussi mis en garde : attention à la critique facile ! Tout acte politique demande éclairage et compréhension afin d’éclairer les choix. Soyons vigilants aussi face aux informations trop rapides diffusées par certains médias et par les réseaux sociaux. Privilégions l’information VRAIE. Gardons nous aussi des jugements hâtifs ! Le corps politique est identique au corps social, avec des bons, et des « moins bons »… Il n’y a jamais de solutions simples.

Un autre piège dans les institutions : le référendum. Celui-ci a été totalement dévoyé. En fait, la plupart du temps, les électeurs donnent leur avis sur la personne qui pose la question, mais ils ne répondent pas à la question elle-même.

Interrogé sur les retraite des anciens ministres, Mr Louis Besson répond fermement : « Il n’y a pas de retraite pour les anciens ministres ; c’est une fable ! »

La nouvelle organisation des territoires suscite des incompréhensions et des oppositions. Et pourtant, « nous faisions partie des pays attardés avec nos 33 000 communes », affirment les intervenants. Ces derniers n’ont pas hésité à nous ‘renvoyer l’ascenseur’… « Tout citoyen garde du pouvoir s’il est prêt à s’investir ! Tout ce qui n’est pas interdit par la loi, est autorisé ». Au sein d’une même communauté d’agglomération, « les territoires spécifiques peuvent avoir une autonomie propre : la loi n’a jamais interdit la créativité ! »

L’idée de « collèges citoyens » a même été évoquée, constitués de citoyens après tirage au sort, comme pour les jurés d’assises…

Citoyens d’une même humanité, à chacun donc de redresser ses manches ! nos manches…

Claudie G


La politique sert-elle encore à quelque chose aujourd'hui ?

Commenter cet article